Kinshasa : sans eau ni électricité, les habitants de Mont Ngafula et Selembao sont oubliés

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11 octobre 2020

Kinshasa : sans eau ni électricité, les habitants de Mont Ngafula et Selembao sont oubliés

Jean-Hilaire Shotsha

Sans eau ni électricité, les habitants de Mont Ngafula et Selembao sont oubliés.
Un garçon puise l’eau de source au quartier Eradi (Photo Blog du Citoyen)

Les populations habitant les communes rurales de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo ( RDC), vivent un véritable calvaire dû au manque d’eau et d’électricité. Cette situation, qui est plus visible dans les quartiers Mbila et Plateau I sur la route Kingampio, localité Masika dans la commune de Mont-Ngafula et au quartier Eradi à Selembao, pour ne citer que ceux-là, où certains quartiers n’ont jamais connu le robinet depuis sa création. Les populations de ces coins se confient à Blog du citoyen, pour étaler leurs revendications. Si l’eau, c’est la vie, comme nous avons l’habitude de le dire, il faut affirmer que dans ces quartiers, l’eau, c’est le calvaire.

Aux quartiers Eradi, Mbila et Plateau 1, les habitants semblent traverser une série de difficultés. Ces problèmes récurrents handicapent les populations de ces localités dans leurs activités économiques et ménagères. Ils s’alimentent en desserte en eau à partir des quelques ruisseaux existants qui, d’ailleurs, fournissent un liquide un peu salé. Certains parmi eux parcourent à peu près deux kilomètres pour acheter l’eau de forage. C’est le seul recours pour se tenir en vie.

Témoignages

« Cette eau que nous consommons n’est pas bonne pour la santé, car elle contient beaucoup de microbes. C’est une eau qui n’a aucun traitement, aucune filtration. Il y a beaucoup de déchets toxiques invisibles dans cette eau, mais nous sommes obligés de boire comme ça, car nous n’avons pas le choix, malgré que nous sommes exposés aux maladies », raconte Henriette, mère de famille habitante du quartier Mbila.

« Nous allons à Parking, à une distance d’au moins deux kilomètres d’ici, pour acheter de l’eau de forage. Trouver aussi l’argent pour acheter cette eau, c’est un vrai calvaire », explique Jean Doka, habitant du quartier Plateau I sur la route Kingampio. « Nos enfants et nos femmes ne font que transporter l’eau sur la tête », ajoute-t-il.

Même scénario au quartier Eradi, dans la commune de Selembao, où les habitants sont fatigués. Il n’y a pas d’eau potable. « Nous consommons de l’eau des ruisseaux. Nous sommes fatigués. Les autorités doivent nous trouver une solution », demande une maman trouvée sur place.

Un pays avec un grand barrage hydro-électrique au monde, mais ces provinces voire les quartiers sont sans électricités. C’est le cas de Mbila et Plateau I. En pleine capitale, ces quartiers ressemblent la nuit à un village voire à l’Antiquité, où le seul éclairage sont les bougies, les lampes torches, etc.

Un droit violé

L’eau et l’électricité est une affaire des lois et des droits humains. Un droit social et économique reconnu à toute personne humaine. Mais il est de moins en moins réel, au point d’être considéré comme utopique pour plus d’un congolais.

« Le droit à un logement décent, le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis », indique l’article 48 de la constitution de la RDC.

L’eau et l’électricité sont le socle de tout développement et facteurs de toute modernisation. Kinshasa, en général, et surtout les communes rurales en particulier, en a grandement besoin. Le problème d’eau et de l’électricité trouvent leurs racines depuis les régimes précédents, mais cela ne dispense pas l’actuel gouvernement de s’y pencher en pesant de tout son poids. On peut toujours réussir là où les autres ont échoué. C’est cette réussite qui peut bien faire la différence.

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